Dysménorrhées : décryptage des mécanismes physiologiques et perspectives de modulation naturelle

Dysménorrhées : décryptage des mécanismes physiologiques et perspectives de modulation naturelle

Temps de lecture : 7 minutes

Dysménorrhées : décryptage des mécanismes physiologiques et perspectives de modulation naturelle

Auteurs : Jennifer PINI KATZENBERGER PhD; Gilles GUTIERREZ Pharmacien et biologiste.

Les dysménorrhées ou règles douloureuses, se définissent par l’ensemble des douleurs associées aux menstruations. Elles constituent un trouble fonctionnel chez de nombreuses femmes en âge de procréer et un motif fréquent de consultation médicale. Bien que souvent considérée comme bénignes, leurs intensités varient d’une personne à l’autres et elles peuvent entraîner une altération majeure de la qualité de vie impactant aussi bien les activités quotidiennes, professionnelles ou scolaires. Des données de 2024 rapportent que les dysménorrhées touchent entre 20% et 90 % des femmes en âge de procréer, avec une prévalence particulièrement élevée dans certaines populations jeunes ou estudiantines  (jusqu’à 80–90 %) et plus faible pour une population adulte (20–50 %).[1] Elle s’accompagne fréquemment de symptômes systémiques tels que douleurs abdominales, crampes pelviennes, fatigue, céphalées et nausées.

Les avancées récentes en physiologie ont permis de mieux comprendre les mécanismes impliqués, ouvrant la voie à des approches thérapeutiques ciblant directement les voies biologiques sous-jacentes.

[1] Barbosa-Silva, J., Avila, M.A., de Oliveira, R.F. et al. Prevalence, pain intensity and symptoms associated with primary dysmenorrhea: a cross-sectional study. BMC Women’s Health 24, 92 (2024). 

I-Physiopathologie de la douleur menstruelle

Des mécanismes biologiques précis

Au cours du cycle menstruel, la phase des règles correspond à l’élimination de l’endomètre et s’accompagne de contractions utérines destinées à faciliter l’expulsion de l’endomètre. Dans la dysménorrhée primaire, ces contractions deviennent excessives en raison d’une hyperproduction endométriale de prostaglandines, notamment la PGF2α. Ces médiateurs lipidiques augmentent la contractilité du myomètre, provoquant une hyperactivité utérine associée à une vasoconstriction des artérioles utérines. Cette diminution du flux sanguin local entraîne une ischémie transitoire, responsable de la stimulation des nocicepteurs et de la perception douloureuse.

Parallèlement, le GMP cyclique (GMPc), ou guanosine monophosphate cyclique, joue un rôle important dans la relaxation musculaire lisse et la régulation du tonus vasculaire. Cette molécule intervient dans les voies de signalisation favorisant la vasodilatation et la diminution du temps de la contraction musculaire. Une altération de ces mécanismes de relaxation contribue au déséquilibre entre contraction et relâchement du myomètre observé dans la dysménorrhée primaire, renforçant ainsi l’hyperactivité utérine et l’ischémie locale.

Les données cliniques disponibles montrent que cette symptomatologie apparaît généralement au début des menstruations, atteint un pic dans les premières 24 heures puis diminue progressivement en deux à trois jours. L’élévation des prostaglandines explique les manifestations systémiques associées, telles que fatigue, céphalées, nausées ou douleurs lombaires, traduisant une diffusion systémique de ces médiateurs et une réponse globale de l’organisme. Ces mécanismes sont largement décrits dans la littérature médicale, notamment dans les référentiels des MSD Manuals, qui identifient l’hyperactivité utérine et l’ischémie comme des éléments centraux de la physiopathologie de la dysménorrhée primaire.[2]

[2] MSD Manuals – Dysménorrhée (crampes menstruelles). 

Distinction entre dysménorrhée primaire et secondaire

Sur le plan clinique, la distinction entre dysménorrhée primaire et secondaire demeure essentielle.

 

La dysménorrhée primaire apparaît dans l’année suivant les premières règles et concerne environ la moitié des jeunes femmes. Elle ne présente aucune lésion organique et est directement liée aux mécanismes physiologiques évoqués précédemment, notamment à l’excès de prostaglandines. Elle tend à s’améliorer avec l’âge adulte ou après une première grossesse.

 

À l’inverse, la dysménorrhée secondaire résulte d’une pathologie gynécologique sous-jacente, telle que l’endométriose, les fibromes utérins ou l’adénomyose. Elle apparaît souvent plus tardivement, souvent après 25 ans et peut s’intensifier au fil du temps. Dans ce contexte, la douleur résulte de mécanismes plus complexes, incluant inflammation chronique, infiltration tissulaire ou anomalies structurelles. Les douleurs ressenties lors d’une la dysménorrhée secondaire constituent un signal d’alerte nécessitant une évaluation thérapeutique approfondie.

Intérêt clinique des inhibiteurs de la dégradation du GMPc : vers un test thérapeutique fonctionnel

L’intérêt physiologique croissant porté à la voie du GMPc ouvre également des perspectives cliniques intéressantes dans l’évaluation des douleurs menstruelles. En effet, certaines approches capables d’augmenter la disponibilité intracellulaire du GMPc — notamment via l’inhibition de sa dégradation par les phosphodiestérases (PDE) — permettent de favoriser la relaxation du muscle lisse utérin et d’améliorer la perfusion vasculaire locale.

Sur le plan clinique, cette modulation présente un double intérêt. D’une part, elle contribue à diminuer l’hypercontractilité utérine et l’ischémie transitoire impliquées dans la dysménorrhée primaire. D’autre part, la réponse symptomatique observée après modulation de la voie NO/GMPc pourrait constituer un véritable test thérapeutique fonctionnel.[3] En pratique, une amélioration rapide des douleurs menstruelles après soutien pharmacologique ou physiologique de la voie GMPc oriente davantage vers une dysménorrhée primaire, principalement liée à un déséquilibre fonctionnel de la contractilité utérine. À l’inverse, une absence d’amélioration ou une réponse partielle peut faire suspecter une dysménorrhée secondaire sous-jacente, notamment en présence d’endométriose, d’adénomyose ou de fibromes, où les mécanismes douloureux impliquent également des phénomènes inflammatoires chroniques, des lésions tissulaires ou des anomalies anatomiques.

Cette approche présente l’avantage d’être simple, peu invasive et bien tolérée, avec peu d’effets indésirables lorsqu’elle s’inscrit dans une modulation physiologique ciblée des voies NO/GMPc. Elle pourrait ainsi contribuer à améliorer l’orientation diagnostic précoce des patientes tout en limitant le retard de prise en charge fréquemment observé dans les pathologies gynécologiques chroniques telles que l’endométriose.[4]

[3] Hoffman BL, Schorge JO, Bradshaw KD, et al. Williams Gynecology. 4th ed. McGraw-Hill Education; 2020. 
[4] Harel Z. Dysmenorrhea in adolescents and young adults: from pathophysiology to pharmacological treatments and management strategies. Expert Opin Pharmacother. 2008 Oct;9(15):2661-72. doi: 10.1517/14656566.9.15.2661. PMID: 18803452. 

Impact fonctionnel et reconnaissance clinique

Malgré sa prévalence élevée, la dysménorrhée reste sous-évaluée. Les données cliniques indiquent qu’une proportion significative de patientes présente une limitation de ses activités quotidiennes pendant les menstruations.

Les observations issues des Hôpitaux Universitaires de Genève confirment que, dans certaines situations, l’intensité des symptômes justifie une prise en charge médicale structurée, soulignant la nécessité d’une meilleure reconnaissance de ce trouble.[5]

[5] Hôpitaux Universitaires de Genève – Douleurs menstruelles. 

II-Stratégies de modulation des mécanismes physiologiques

Approches conventionnelles

Les traitements de première intention reposent sur l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui inhibent la synthèse des prostaglandines via le blocage des cyclo-oxygénases. Bien qu’efficaces, ces traitements n’agissent pas sur l’ensemble des voies impliquées et peuvent présenter des effets indésirables à long terme.

Approches complémentaires : vers une régulation des mécanismes physiologiques

Dans une perspective intégrative, certaines stratégies visent à moduler les mécanismes physiologiques en amont, en agissant à la fois sur la contractilité utérine, l’inflammation et l’équilibre global de l’organisme. De plus en plus de patients et professionnels portent un intérêt croissant aux approches complémentaires modulant les mécanismes physiologiques impliqués.

 

Le recours à des actifs d’origine végétale s’inscrit dans cette logique. Leur intérêt réside dans leur capacité à exercer des effets pluriels, incluant des propriétés antispasmodiques, anti-inflammatoires et régulatrices, susceptibles de contribuer à une diminution de la symptomatologie.

Intérêt du lycopode (Lycopodium clavatum) dans la modulation de l’hypercontractilité utérine

Le lycopode, de son nom latin Lycopodium clavatum ou encore griffe de Loup s’inscrit dans cette approche globale. Cette plante herbacée à la famille des Lycopodiacées et se retrouve dans les landes et dans les milieux humides en lisière de forêts. Elle présente une longue tige rampante (jusqu’à 1 m de long) ainsi que des rameaux feuillés espacés mais étroits et dressés, courts d’environ 0,5 cm.

Traditionnellement utilisé pour ses effets sur la sphère digestive et métabolique, cette plante est également mobilisée dans l’accompagnement des troubles fonctionnels, notamment ceux liés au cycle féminin. Dans le contexte de la dysménorrhée, son intérêt vise à soutenir les équilibres physiologiques globaux. Plusieurs études scientifiques sur le Lycopodium clavatum ont montré des effets anti-inflammatoires notamment une diminution de médiateurs inflammatoires tels que : COX-2 ; PGE2 ; IL-1β ; NO (oxyde nitrique)  et NF-κB et ERK 1/2, impliqués dans les cascades inflammatoires et la synthèse des prostaglandines (COX-2, PGE2, NF-κB), suggérant un intérêt dans la modulation de l’hypercontractilité utérine associée à la dysménorrhée.[6].

Cette approche est particulièrement pertinente compte tenu des interactions étroites entre systèmes digestif, neurovégétatif et hormonal dans la régulation du cycle menstruel.

Intérêt de la Figue de Barbarie dans le ciblage des voies de signalisation : rôle de la GMPc

Au-delà de la modulation des prostaglandines, des études scientifiques récents s’intéressent à d’autres voies impliquées dans la régulation de la contractilité utérine, notamment la voie de la GMPc (guanosine monophosphate cyclique) et sa modulation physiologique. Cette voie joue un rôle central dans le contrôle du tonus des muscles lisses, en particulier au niveau vasculaire et utérin.

La GMPc agit comme un second messager intracellulaire synthétisé à partir du GTP sous l’action de la guanylate cyclase, principalement activée par le monoxyde d’azote (NO) et impliquée dans la relaxation des fibres musculaires lisses. La GMPc active différentes protéines kinases, notamment la PKG (protein kinase G), qui induisent une diminution du calcium intracellulaire disponible dans les cellules musculaires lisses. Cette réduction du calcium limite l’interaction actine-myosine responsable de la contraction musculaire et favorise ainsi la relaxation du myomètre.

Parallèlement, l’activation de la voie NO/GMPc entraîne une vasodilatation des artérioles utérines, améliorant le flux sanguin local et limitant les phénomènes d’ischémie transitoire impliqués dans la douleur menstruelle.

Une augmentation de la disponibilité intracellulaire du GMPc contribue donc à diminuer le tonus musculaire utérin, à favoriser une détente plus efficace des fibres musculaires lisses et à limiter l’intensité ou la fréquence des contractions utérines excessives et donc à limiter les phénomènes d’hypercontractilité. Contribuer à l’équilibre de cette voie de signalisation participe donc à prévenir tout déséquilibre entre contraction et relaxation observé dans la dysménorrhée.

Les études scientifiques sur les composés bioactifs d’Opuntia ficus-indica suggèrent que certains de ces composés bioactifs possèdent des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et vasculoprotectrices (lutte contre la détérioration des petits vaisseaux sanguins ou capillaires) susceptibles d’influencer les voies NO/GMPc impliquées dans la relaxation musculaire lisse. Une revue de référence publiée par El-Mostafa et al. souligne notamment le rôle des polyphénols et flavonoïdes de la figue de Barbarie dans la modulation du stress oxydatif et des mécanismes vasculaires dépendants du monoxyde d’azote (NO)[7]. Dans le même sens, Lee et al. ont montré qu’un extrait d’Opuntia ficus-indica était capable de moduler l’expression de la NO-synthase et de réduire le stress nitrosatif dans des modèles cellulaires inflammatoires.[8]  Une étude plus récente de 2021 de Bellafiore et al. a rapporté qu’une supplémentation à base d’Opuntia ficus-indica améliorait les réponses redox et vasculaires après un stress physiologique, suggérant un effet favorable sur la biodisponibilité du NO et les mécanismes de signalisation associés[9].

Ces données contribuent à soutenir l’observation scientifique selon laquelle un extrait ou fraction active de figue de Barbarie contribue au maintien de l’équilibre entre contraction et relaxation musculaire, notamment en agissant sur les voies NO/GMPc impliquées dans la régulation du tonus vasculaire et de la relaxation du muscle utérin.

Ainsi, l’association d’extraits actifs de plantes tels que le lycopode et la figue de Barbarie, constitue une approche complémentaire et préventive innovante en agissant à la fois sur les mécanismes inflammatoires et sur les voies physiologiques impliquées dans la relaxation musculaire. En soutenant notamment la signalisation dépendante du NO/GMPc, ces actifs contribuent à une régulation plus harmonieuse de la contractilité utérine, favorisant l’équilibre entre contraction et relaxation du myomètre et limitant les phénomènes d’hypercontractilité associés à la dysménorrhée.

Cette approche de phytothérapie vise à intervenir en amont d’un processus douloureux, en rétablissant un équilibre harmonieux du muscle utérien entre contraction et relaxation limitant ainsi limitant les phénomènes d’hypercontractilité.

Les avancées récentes dans la compréhension de la physiopathologie de la dysménorrhée soulignent l’intérêt d’approches thérapeutiques ciblant simultanément plusieurs mécanismes impliqués dans la douleur menstruelle. Au-delà de l’hyperproduction de prostaglandines et de l’hypercontractilité utérine, la régulation des voies de signalisation vasculaire et musculaire, notamment celles impliquant le GMP cyclique (GMPc), devient un axe particulièrement pertinent. En favorisant la relaxation du muscle lisse et l’équilibre du tonus vasculaire, cette voie contribue à limiter l’ischémie utérine et l’intensité des manifestations douloureuses.

 

Dans cette perspective, l’intégration et l’association d’extraits actifs de plantes scientifiquement évalués et contrôlés pour leurs propriétés de soutien dans les voies de modulation de la GMPc représente une stratégie de prévention complémentaire et innovante tout en respectant la physiologie féminine.

 

Cette approche naturelle et complémentaire ouvre des perspectives intéressantes pour une prise en charge plus globale et individualisée, orientée non seulement vers l’amélioration du confort féminin, mais également vers la restauration d’un équilibre fonctionnel durable.

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Le remodelage physiologique et pathologique du tissu osseux et les pertes calciques liées à l’âge. Apports de la compatibilité phylogénique issue des ressources marines avec une phéophycée : Padina pavonica de Polynésie

Le remodelage physiologique et pathologique du tissu osseux et les pertes calciques liées à l’âge. Apports de la compatibilité phylogénique issue des ressources marines avec une phéophycée : Padina pavonica de Polynésie

Temps de lecture : 7 minutes

Le remodelage physiologique et pathologique du tissu osseux et les pertes calciques liées à l’âge. Apports de la compatibilité phylogénique issue des ressources marines avec les phéophycées de Polynésie française.

Auteurs : Jennifer PINI KATZENBERGER PhD ; Mostafa SERRAR PhD ; Gilles GUTIERREZ Dr en pharmacie ; Tearii Te Moana ALPHA PhD ; Tim KATZENBERGER PhD ; Lama JEJO-ASLANI Pharmacienne; Claire BALUCI PhD.

Abstract :Les padines, phéophycées du règne des chromistes collectées sur l’île de Moorea en Polynésie française, disposent dans leur génome de grands domaines communs avec plusieurs gènes humains impliqués dans le remodelage du tissu osseux. Les régulateurs des gènes de la padine communs avec ceux des humains sont actifs sur l’expression des gènes humains malgré leur ancienneté. Cette parenté se traduit par une amélioration de la densité minérale de l’os.

I. Aux origines du remodelage osseux : comprendre les mécanismes du vivant pour mieux agir

La compatibilité phylogénique : un héritage commun entre végétaux et humains

D’une part, les pathologies associées au vieillissement sont plus le fait de l’altération des mécanismes de régulation que d’une modification du génome. La stabilité du génome est une des caractéristiques du vivant. 

D’autre part, du fait de l’évolution, nous partageons 35% de nos gènes fonctionnels avec de nombreux végétaux. Ces gènes sont utiles aux végétaux et aux humains. De ce fait, les mécanismes de régulations comme l’activation et la répression sont identiques. Nous pouvons utiliser les molécules ou les motifs moléculaires intervenant dans le mécanisme de régulation d’un végétal pour rétablir le fonctionnement d’un gène dysfonctionnel identique chez l’homme.

Régulation biomimétique : source d’inspiration

Les molécules ou les motif moléculaires extraits du monde végétal agissant sur la régulation du fonctionnement d’un gène identique chez l’Homme. Les molécules intervenant dans une régulation identique dans deux règnes différents sont des Régulateurs Biomimétiques.

Le tissu osseux : une architecture vivante et dynamique

L’os est un tissu minéralisé composé de structures différenciant ses fonctions de soutien (vertèbres, ceintures), de protection (boîte crânienne, côtes), de flexibilité (articulation) et de mobilité (os longs). Ces structures ont des origines évolutives différentes et regroupent des cellules fortement différenciées.

La composition structurelle de l’os s’énonce par des cellules baignant dans une matrice extra cellulaire regroupant de la matière minérale et de la matière organique.

  1. La matière organique regroupe principalement des collagènes[1] et des glycosaminoglycanes qui enserrent des molécules fonctionnelles enzymes, cytokines, hormones dans milieu organique nutritif composé de sels organiques vitamines et acides aminés.
  2. les composants minéraux sont de l’eau et des sels minéraux de phosphates et carbonates de calcium (hydroxyapatite, pyrophosphate etc) ; de magnésium, fer, sodium.

Fonctionnalités de l’os: pilier de l’organisme

L’os est un tissu minéralisé jouant plusieurs fonctions. Il contribue d’une manière évidente à notre apparence, notre stabilité et nos mouvements. Il a un rôle physiologique important avec les cellules hématopoïétiques. Enfin, il joue aussi un rôle important dans notre communication non verbale notamment dans la posture.

II. Les maladies des os et des articulations : un défi majeur de santé publique

Les maladies ostéoarticulaires regroupent de nombreuses pathologies comme l’arthrose, l’ostéoporose et les rhumatismes inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, arthrite chronique juvénile, rhumatisme psoriasique). Sur le plan légal, ces maladies s’inscrivent dans les actes médicaux pour leur diagnostic et leur traitement. Dans l’antiquité grecque, toute la santé de notre squelette avait sa théophanie : Hygié, Panacée, Machaon, Meditrine, Asceso… Aujourd’hui, les cliniciens disposent d’une large gamme de soins pour soigner les maladies ostéoarticulaires. Depuis la nutrition symbolisé par Ascéso (Diétée) fille d’Asclépios[2]  avec des apports en calcium, magnésium, vitamine D etc, jusqu’à la chirurgie figuré par Machaon fils ainé d’Asclépios. Il appartient au clinicien et aux thérapeutes de proposer les soins convenant le mieux (index thérapeutique) au patient. Le patient choisit le thérapeute et les soins qui lui conviennent.

 

Parmi les maladies de l’os, l’ostéoporose est une pathologie systémique du squelette caractérisée par une diminution de la densité minérale osseuse (DMO BMP en UK) et une altération de la microarchitecture osseuse, entraînant une fragilité accrue avec une augmentation du risque de fracture. Selon la International Osteoporosis Foundation, environ 200 millions de femmes dans le monde sont touchées par l’ostéoporose, et près d’une femme sur trois de plus de 50 ans présentera une fracture ostéoporotique au cours de sa vie. Il faut ajouter que les hommes perdent leur masse minérale osseuse à la même vitesse que les femmes. Partant d’une masse d’os plus importante, le risque fracturaire est retardé.

 

En France, les données actualisées 2024 et 2025 de Santé Publique France et du Inserm estiment qu’environ 3,5 à 4 millions de personnes sont concernées par l’ostéoporose, dont près de 2,5 à 3 millions de femmes. Après 65 ans, environ 35 à 40 % des femmes présentent un risque élevé de fracture ostéoporotique, en particulier au niveau du col fémoral, desvertèbres et du poignet. En France, chaque année, on estime à plus de 370 000 le nombre de fractures de fragilité.

 

L’augmentation de l’espérance de vie et le vieillissement démographique accentuent l’impact socio-économique de cette pathologie, notamment en raison des fractures ostéoporotiques (rachis, hanche, poignet).

[1] Le terme de collagène (qui génère de la colle) vient de l’extraction de la colle en faisant bouillir les os de poissons ou de mammifères. Il existe une trentaine de types de collagène. Apparus dans la composition des êtres vivant il y a quelque 800 millions d’années.
[2] Dieu de la médecine chez les grecques remplacé par Esculape dans le panthéon des romains

III. Physiopathologie des pertes calciques et de l’ostéoporose.

Sur le plan physiopathologique, l’ostéoporose résulte d’un déséquilibre du remodelage osseux. Ce remodelage est constant au cour de la vie. Il est caractérisé par la construction du tissu par des ostéoblastes et une résorption par les ostéoclastes. Si la résorption ostéoclastique physiologique dépasse les capacités de construction des ostéoblastes, elle devient excessive au même titre qu’une activité ostéoblastique insuffisante. Cette formulation montre que l’ostéoporose s’appuie sur une description anatomique et regroupe des dysfonctionnements très différents qu’il faudra traiter de manière différente. Les déficits en calcium et en vitamine D et K, sont quelques-unes des carences[3] dues au vieillissement comme celles des hormones qui scandent la ménopause et le vieillissement cellulaire. L’inflammation chronique constitue aussi l’un les facteurs déterminants.

L’ostéoporose est la conséquence de l’aggravation de la perte calcique physiologique liée à l’âge. Cette perte physiologique devenant excessive, elle fait le lit de la maladie ostéoporotique. Elles se définie par :

  • une diminution physiologique excessive de la masse osseuse liée à l’âge.
  • une altération de la microarchitecture trabéculaire (ce qui n’est pas une maladie)
  • un risque de fractures accrue du squelette (qui est une maladie).

Une activité excessive des ostéoclastes ou une insuffisance de l’activité ostéoblastique entraîne une perte progressive du capital osseux. L’ostéopénie constitue un stade intermédiaire entre os normal et ostéoporose.

Les principaux facteurs de risque incluent

  • Le vieillissement.
  • les déficits nutritionnels en calcium, acides aminés, en vitamine D et vitamines K.
  • Les carences hormonales dues au vieillissement,
  • la sédentarité mais aussi certaines activités sportives sans contact avec le sol.
  • Des facteurs génétiques.

Les stratégies de prévention reposent sur une approche multimodale incluant l’activité physique régulière : exercices en charge et renforcement musculaire, un apport nutritionnel adéquat en calcium, vitamine D et K, entrainement à la chute, ainsi que la réduction des facteurs de risque comme le tabagisme, la sédentarité et l’alcool. L’activité physique doit être différenciée de la pratique sportive[4],. Les recommandations actualisées 2023-2024 insistent également sur le dépistage ciblé par ostéodensitométrie (DXA) chez les populations à risque.

[3] Il ne s’agit pas uniquement de carences nutritionnelles. La réduction de la mobilité, la diminution émotionnelle, la réduction de l’adaptation des organes hématopoïétiques
[4] L’activité physique se caractérise par une augmentation de la fréquence cardiaque, de la PCO², une température stable et un rapide retour aux valeurs normales. La pratique sportive montre une élévation de la température corporelle, un pouls dépassant le seuil adaptatif, une PCO² fortement augmentée et une pression artérielle augmentée associés à une augmentation de HSPs. Le retour à la valeur physiologique peut prendre plusieurs heures. Cette pratique requière un entrainement bien encadré pour éviter la création et l’accumulation de lésions.

IV. Ressources marines et biomimétisme osseux

L’intérêt des ressources marines dans la prévention et santé osseuse découvert par Gilles GUTIERREZ suscite un intérêt croissant. Certaines algues ou Phaeophyceae, notamment Padina pavonica, contiennent une dizaine de gènes communs avec les Hommes concernant le remodelage osseux.

Padina pavonica ou algue brune (Phéophycée) à cornets blancs ou encore appelée « Queue de Paon » appartient à la famille des Dictyotaceae. Sa morphologie est surprenante car c’est un des rares végétaux à ne pas présenter de bilatéralisation[5]. Sa « queue de paon » correspondant à des thalles blanchis par des dépôts d’aragonite (minéral de la nacre) concentriques lui confère une spécificité biologique unique. Elle est revêtue de cristaux orthorhombiques de carbonate de calcium sur ses frondes à un taux le plus élevé de toutes les algues (jusqu’à 240 g/m-2/an-1). Ainsi, on l’appelle algue «calcifiante» ou algue calcifiée. Cette algue brune dispose donc d’un mécanisme ingénieux capable de réguler la fixation du calcium sur la surface de ses frondes. Étant composée d’un exosquelette calcifié, la Padina pavonica est capable de maintenir la fonction des cellules osseuses en restructurant la matrice extracellulaire. Cette capacité naturelle de calcification suggère un intérêt biomimétique potentiel dans la régulation du métabolisme calcique.

Des études en cliniques observationnelles suggèrent un effet potentiel sur la stimulation des gènes impliquées dans l’activité ostéoblastique et la modulation de la résorption osseuse. Une étude génomique comparative, réalisée par Dr Manuele Biazzo et Dr Gilles Gutierrez, entre le génome humain et celui de la Padine révèle l’existence de séquences génomiques communes (ou contigs) entre le genre « Homo » et la Padine de Tahiti. Une étude plus approfondie du pourcentage de conservation des régions ou séquences des domaines a révélée qu’il existait des suites de plus de 300 bases nucléosidiques. Sur la base d’un minimum de 50 acides nucléiques consécutifs, plus de 30 gènes ont été notés présentant de très hautes analogies entre le génome de la Padine et le génome humain.

Parmi les gènes présents dans le génome de la Padine, on notera notamment les gènes qui interviennent à deux niveaux majeurs du remodelage osseux : formation et la résorption osseuses, constituant un noyau fonctionnel central dans la régulation de cet l’équilibre.

La formation osseuse, assurée par les ostéoblastes, implique notamment les gènes TNFRSF11B (Ostéoprotégérine, OPG), ALPL (Phosphatase alcaline, isoforme tissulaire non spécifique) et BGLAP (Ostéocalcine), qui interviennent respectivement dans la régulation de l’axe RANK/RANKL, la minéralisation de la matrice et la production d’ostéocalcine, marqueur de différenciation ostéoblastique.

La voie RHOA joue un rôle central dans le remodelage osseux, en particulier dans la fonction des ostéoclastes. Les gènes RHOA (Ras homolog family member A. Petite protéine GTPase impliquée dans l’organisation du cytosquelette d’actine), ROCK1 (Rho-associated coiled-coil containing protein kinase1, Kinase activée par RHOA), PPP1R12A (MYPT1, Protein phosphatase 1 regulatory subunit 12A Sous-unité régulatrice de la myosine phosphatase) et ECT2 (Epithelial cell transforming sequence 2, Facteur d’échange de nucléotides activant RHOA) participent à l’organisation du cytosquelette d’actine, essentielle à la formation de l’anneau d’actine et de la bordure en brosse nécessaires à la résorption osseuse. Cette voie intervient également dans la migration et la différenciation cellulaire, des processus clés du remodelage osseux.

Par ailleurs, les gènes suivants ont été identifiés comme présents dans la Padine et impliqués dans le remodelage osseux : PCOLCE (Procollagen C-endopeptidase enhancer), TNFSF11 (RANKL), ALPP (Phosphatase alcaline placentaire), ALPPL2 (Alkaline phosphatase placental-like 2), TRAP1 et TNFRSF11A (RANK). Ces gènes sont classiquement associés à la régulation de la formation et de la résorption osseuses, notamment via l’axe RANK/RANKL/OPG et les marqueurs de différenciation ostéoblastique et ostéoclastique.

D’autres gènes contribuant de manière plus indirecte au remodelage en régulant la prolifération et la division cellulaire ont été identifiés dans le génome de la Padine. Il s’agit de AURKB, BIRC5 (Survivin), KIF23, KIF4A, PRC1 et INCENP, qui interviennent principalement dans la mitose des précurseurs ostéoblastiques et ostéoclastiques. Leur rôle se concerne donc sur le renouvellement cellulaire.

Les gènes MYH11, MYH7 et SEPT1, aussi identifiés dans le génome de la Padine, sont impliqués dans l’organisation du cytosquelette et la contractilité cellulaire. Leur implication dans le remodelage osseux est plus indirecte, via la régulation de la dynamique cellulaire.

Les gènes MYH11, MYH7 et SEPT1, aussi identifiés dans le génome de la Padine, sont impliqués dans l’organisation du cytosquelette et la contractilité cellulaire. Leur implication dans le remodelage osseux est plus indirecte, via la régulation de la dynamique cellulaire.

[5] La bilatéralisation des végétaux se voit bien sur les feuilles et les fleurs. Cette évolution a été mise en place il y a environ 600 millions d’années à la fin du Protérozoïque (après le cryogénien)

extrait de padine sur le remodelage

V. Réflexion génome et évolution

La répétition des gènes chez les végétaux et le ratio des gènes codant par rapport à la totalité de l’ADN sont une indication sur l’ancienneté de l’évolution. Les séquences conservées correspondent à des séquences identiques d’acides nucléiques entre les deux espèces sur un domaine de leur génome. Il s’agit de séquences orthologues. La haute conservation indique que ces séquences ont été maintenues au cours de l’évolution pendant environ 600 millions d’années.

 

Au fils du temps, ces séquences d’acides nucléiques du génome auraient pu évoluer par recombinaison ou par suppression en raison des mutations et des délétions aléatoires ou encore des réarrangements chromosomiques mais leur utilité dans deux règnes a préservé ces domaines génomiques. Il est à noter que la conservation peut se faire dans les séquences d’acides nucléiques codantes et non codantes, de même les séquences d’ADN conservées peuvent avoir une valeur fonctionnelle ou structurelle. 

VI. Intérêts des régulateurs biomimétiques des ressources marines de type Padina de Polynésie française

L’utilisation d’extraits de Padines de Polynésie permet d’observer une augmentation de la DMO chez plus de 76% des consommateurs.

GRAPHIQUE BMD

Références scientifiques

 

Apparition du collagène : Guillaume Lecointre, « Héritages adaptatifs », dans Petit traité d’anatomie superflue. L’évolution à travers notre corpsDelachaux et Niestlé, septembre 2024, 240 p. (ISBN978-2-603-03043-1), p. 25 https://isyeb.mnhn.fr/fr/actualites/petit-traite-danatomie-superflue-levolution-travers-notre-corps-9634.

 

Cadar, E.; Popescu, A.; Dragan, A.-M.-L.; Pesterau, A.-M.; Pascale, C.; Anuta, V.; Prasacu, I.; Velescu, B.S.; Tomescu, C.L.; Bogdan-Andreescu, C.F.; et al. Bioactive Compounds of Marine Algae and Their Potential Health and Nutraceutical Applications: A Review.  Drugs202523, 152. https://doi.org/10.3390/md23040152. Currently, marine algae are still an under-exploited natural bioresource of bioactive compounds. Seaweeds represent a sustainable source for obtaining bioactive compounds that can be useful for the fabrication of new active products with biomedical benefits and applications as biomedicinals and nutraceuticals. The objective of this review is to highlight scientific papers that identify biocompounds from marine macroalgae and emphasize their benefits. The method used was data analysis to systematize information to identify biocompounds and their various benefits in pharmaceuticals, cosmetics, and nutraceuticals. The research results demonstrate the multiple uses of seaweeds. As pharmaceuticals, seaweeds are rich sources of bioactive compounds like polysaccharides, protein compounds, pigments, and polyphenols, which have demonstrated various pharmacological activities such as antioxidant, antibacterial, anti-inflammatory, antiviral, anticoagulant, and potentially anticarcinogenic effects. Seaweed has gained recognition as a functional food and offers a unique set of compounds that promote body health, including vitamins, minerals, and antioxidants. In conclusion, the importance of this review is to expand the possibilities for utilizing natural resources by broadening the areas of research for human health and marine nutraceuticals.

 

Compston J, McClung M, Leslie W. Osteoporosis. The Lancet. Mise à jour clinique continue 2023-2024. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30696576/ Fractures resulting from osteoporosis become increasingly common in women after age 55 years and men after age 65 years, resulting in substantial bone-associated morbidities, and increased mortality and health-care costs. Research advances have led to a more accurate assessment of fracture risk and have increased the range of therapeutic options available to prevent fractures. Fracture risk algorithms that combine clinical risk factors and bone mineral density are now widely used in clinical practice to target high-risk individuals for treatment. The discovery of key pathways regulating bone resorption and formation has identified new approaches to treatment with distinctive mechanisms of action. Osteoporosis is a chronic condition and long-term, sometimes lifelong, management is required. In individuals at high risk of fracture, the benefit versus risk profile is likely to be favourable for up to 10 years of treatment with bisphosphonates or denosumab. In people at a very high or imminent risk of fracture, therapy with teriparatide or abaloparatide should be considered; however, since treatment duration with these drugs is restricted to 18-24 months, treatment should be continued with an antiresorptive drug. Individuals at high risk of fractures do not receive adequate treatment and strategies to address this treatment gap-eg, widespread implementation of Fracture Liaison Services and improvement of adherence to therapy-are important challenges for the future.

 

International Osteoporosis Foundation. Osteoporosis facts and statistics 2024 update. IOF, 2024. https://www.osteoporosis.foundation/

 

Ostéoporose : données épidémiologiques actualisées, dossier thématique 2023-2024. https://www.inserm.fr/dossier/osteoporose/

 

Kanis JA et al. European guidance for the diagnosis and management of osteoporosis in postmenopausal women. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7026233/

 

Santé Publique France. Fractures de fragilité et hospitalisations associées en France, rapport 2024. https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/traumatismes/chute/documents/bulletin-national/hospitalisations-et-mortalite-en-lien-avec-une-chute-chez-les-personnes-de-65-ans-et-plus-en-france.-donnees-2015-2024

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Phytothérapie et Galénique : Pourquoi un extrait actif est plus efficace ?

Phytothérapie et Galénique : Pourquoi un extrait actif est plus efficace ?

Temps de lecture : 5 Minutes

Phytothérapie et Galénique : Pourquoi un extrait actif est plus efficace ?

I. L’origine de la Phytothérapie

Depuis toujours, l’être humain s’est intéressé aux plantes, que ce soit pour se nourrir, chasser ou se soigner, comme peuvent en témoigner des vestiges archéologiques tombes, peintures rupestres, poteries. Cependant, c’est avec l’apparition de l’écriture que les usages médicinaux sont précisés et sont documentés. Les premières traces écrites remontent à 5000 av. J.-C. avec la tablette sumérienne de Nippur, mentionnant plus de 250 plantes, dont le pavot.

En Chine, le “Shennong bencao jing” (2500 av. J.-C.) est considéré comme un des premiers traités médicaux. D’autres textes anciens, comme le papyrus d’Ebers (1500 av. J.-C.) en Égypte ou les Védas en Inde, témoignent également de l’usage ancien et structuré des plantes médicinales.

On distingue 3 grandes périodes de l’Histoire de la phytothérapie :

L’Antiquité

En Grèce et dans d’autres civilisations, des figures clés comme Hippocrate (recensement de plus de 380 plantes), Théophraste (≈ 500 plantes, premières expérimentations de toxicité) et Aristote (concept du totum des plantes) ont marqués l’usage systématique des plantes. D’autres auteurs romains/grecs comme Dioscoride, Pline l’Ancien ou Galien ont poursuivis cette tradition.

Dans son livre « Histoire naturelle », publié vers 77, Pline l’Ancien évoquait déjà les vertus de la fleur de sel (Flos salis) et de sa dissolution (extraction) dans le vin et l’eau: « Cette fleur de sel produit une sorte d’huile aussi surprenant que cela puisse paraître (Optimo ex eo, quod olei quamdam pinguitudinem reddit. Est enim etiam in sale pinguitudo, quod miremu). Il y a de la graisse même dans le sel ! » S’exclame-t-il. Pline l’Ancien ajoute qu’elle n’a pas de pouvoir nutritif mais qu’elle est relâchante, (décontractante), stimulante et pouvant porter remède à la lassitude (psychostimulante) « solvit in vino et aqua, acopis et smegmatis utilis » (Volume 31 de 37 volumes, chapitre XLII).

Le Moyen Âge 

En Europe, les moines et l’Église ont transmis la connaissance des « simples » dites plantes « médicinales » (par ex. Hildegarde de Bingen). Dans le monde islamique ou persan, des médecins comme Avicenne ou Ibn al‑Baytār ont constitué de vastes traités sur les plantes (1 400 espèces pour Ibn al‑Baytār).

Les Temps modernes jusqu’à aujourd’hui 

L’exploration et la colonisation a ouvert la voie à la découverte de nombreuses plantes exotiques comme la quinquina, le curcuma, ou encore la vanille. La chimie moderne nous permet désormais d’isoler les principes actifs et surtout de synthétiser des molécules comme l’acide salicylique précurseur de l’aspirine en 1899. Entre 1981 et 2014, environ 42 % des molécules de médicaments commercialisés sont directement tirées de la nature dont 25 % sont inspirées de structures naturelles.

A noter que la phytothérapie n’est pas propre à l’espèce humaine. De nombreuses espèces animales, savent choisir dans leur habitat les plantes utiles pour corriger des carences alimentaires ou soigner certaines maladies. On parle de zoopharmacognosie, une branche de l’éthologie animale et de la pharmacologie qui étudie le comportement d’auto-médication propre à certains animaux.

II. Définition de la phytothérapie

Le terme de phytothérapie vient du grec phyton qui signifie plantes et therapeia qui signifie soigner. Elle est considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une médecine conventionnelle. Elle repose sur un traitement thérapeutique à base de plantes. Il existe une distinction entre la phytothérapie traditionnelle et la phytothérapie moderne, ou « phytothérapie médicale ».

La phytothérapie traditionnelle  est basée sur l’expérience et l’observation et une approche holistique pour laquelle les effets des plantes sont considérés dans leur globalité. Elle est fondée sur une utilisation directe de la poudre de plantes ou de leurs préparations sous forme de tisanes ou de d’infusions.  

La phytothérapie moderne, utilise des méthodes modernes d’extraction et de purification des principes actifs contenus dans les plantes, et valide leurs propriétés bénéfiques pour la santé par une approche scientifique d’analyses biochimiques et pharmacologiques appuyées parfois par des études observationnelles voir même des essais cliniques.

Le principe actif : clef de voute du remède.

1) Les nutriments
Les vitamines hydrosolubles, les sels minéraux sont absorbés tels qu’ils sont. Les protéines et les sucres complexes sont digérés avant d’être assimilés. Certains substances ne sont pas digestes mais représentent un intérêt comme la cellulose et la chitine des champignons. Si la cellulose peut fermenter dans le tube digestif, la chitine (paroi des champignons) transitera intacte dans les fèces.

2) Les molécules actives
a) Certaines molécules comme les alcaloïdes n’ont pas de rôle identifié pour la plante.
b) Il existe des molécules d’intérêt différents pour la plante et pour les humains, par exemple l’acide salicylique joue un rôle chez le végétal dans la défense et l’identification des espèces. Chez l’homme, il agît au niveau des signaux de l’inflammation et des plaquettes.
c) Il existe des molécules d’intérêt similaire pour la plante et pour les humains. En fait cela relève des parentés (cladistiques) due à l’évolution. Dans ce cas particulier, la plante ne disposant pas d’une circulation aussi efficace que les animaux, la plante disposera de palettes de molécule activatrice et frénatrice d’un métabolisme. Pour en recueillir l’activité des procédures de séparation devront être mises en œuvre.

Qu’est-ce que la galénique ?

La galénique (ou pharmacie galénique) est la science des mises en formes pharmaceutiques, l’art de transformer substances actives ici les plantes médicinales, en formes utilisables et efficaces. Elle étudie la transformation d’un principe actif (issu d’une plante, d’un minéral ou d’une molécule chimique) en une forme utilisable, stable, efficace, et acceptable par le patient (infusions, pilules, comprimés, cachets, pommades, crème etc.).

La mise en forme galénique des produits à base de plantes existe depuis au moins 5000 ans, avec une évolution constante des formes et des techniques. Il est probable que les première plantes ont été consommées fraîche et crus. Puis le séchage et la réhydratation par infusion, macération. Elle devient progressivement plus raffinée avec l’apparition très rapide de la diversification des solvants ajoutant à l’eau, le lait, le vin, le vinaigre et l’alcool. Cela n’a pas cessé d’évoluer depuis l’Antiquité, en passant  par  la médecine arabo-musulmane médiévale, persane et chinoise jusqu’à former les bases de la pharmacie moderne.

La galénique des produits issus des plantes est donc, sans conteste, l’une des plus riches et variées. Certains végétaux présentaient un goût ou une odeur si désagréables qu’ils étaient difficilement consommables tels quels. Pour en faciliter la prise, les premiers thérapeutes ont donc eu l’idée de mélanger les poudres de plantes avec du miel et de la farine, donnant ainsi naissance aux premières pilules. Si cette préparation permettait de masquer efficacement le goût, elle restait insuffisante pour neutraliser les odeurs. Afin d’y remédier, on recouvrait alors ces pilules d’une fine couche de cire, voire d’un film d’or, pour mieux isoler l’odeur et améliorer leur acceptabilité. D’où l’expression, dorer la pilule.

Si la phytothérapie fournit le contenu actif, la galénique elle détermine comment l’administrer (forme, dose, support).

III. Quel est l’intérêt d’un extrait actif par rapport à la poudre de plante ?
Deux principaux avantages de la phytothérapie moderne

1/ Efficacité

Dans la phytothérapie traditionnelle, la plante ou partie de la plante (feuille, racine, fruit,…) sera utilisée en totalité. En effet, même si une poudre de plante contient une partie spécifique de la plante broyée, elle ne fera pas de distinction entre les composants actifs et inactifs. Les principes actifs contenus dans cette poudre seront donc dilués parmi d’autres composants inactifs ou peu actifs. Si une tisane est une forme d’extraction à l’eau chaude, seuls les composants solubles dans l’eau seront extrait et souvent à très faibles doses.

En phytothérapie moderne, un extrait actif est obtenu en sélectionnant et concentrant les molécules responsables de l’effet thérapeutique (alcaloïdes, flavonoïdes, polyphénols, saponines, etc.). Un extrait sera donc plus concentré en molécules actives et donc plus efficaces par rapport à une poudre de plante.

Un des principaux avantages des extraits actifs de plantes est leur contrôle précis de la qualité et de l’efficacité. Contrairement à la poudre de plante entière ou à une infusion, les extraits actifs peuvent être standardisés : cela signifie que chaque dose contient une quantité constante et garantie de principes actifs, c’est-à-dire les molécules responsables de l’effet thérapeutique recherché (par exemple : curcuminoïdes dans le curcuma, ginsénosides dans le ginseng, etc.).

a) la standardisation moléculaire. Cette standardisation est possible car l’extrait est obtenu par un processus d’extraction et de purification contrôlé, qui isole les composés d’intérêt et élimine les parties inactives ou moins utiles de la plante. Ainsi, il est possible de garantir l’efficacité d’un produit ou chaque comprimé contient exactement le même dosage en actifs, quel que soit le lot de production. C’est le cas des formes contenant du séné où la teneur en sénosides est garantie.
b) L’activité peut être mesuré non pas avec une molécule mais par son activité ou sa correspondance par rapport à un étalon. C’est le cas de la molécules de vitamine D3, de certains antibiotiques, des motifs moléculaires complexes comme l’héparine. C’est le cas des produits extraits de plante présentés par les Laboratoire ICP-TEXINFINE.

En phytothérapie traditionnelle, de fortes variations rendent la teneur en actifs incertaine dans les préparations non standardisées. En effet, les conditions de culture (climat, ensoleillement,..), période de récolte, la partie de la plante utilisée ou encore les méthodes de séchage et de stockage sont autant de facteurs qui entrainent une irrégularité et donc limite l’efficacité thérapeutique des plantes non « standardisées ». C’est-à-dire n’ayant pas suivi des processus d’extraction de purification et/ou de fractionnement établissant une référence d’activité par rapport à un « standard ».

2/ Biodisponibilité

Un autre avantage essentiel des extraits actifs réside dans leur meilleure assimilation par l’organisme, c’est-à-dire leur biodisponibilité. Certains principes actifs présents dans les plantes sont mal absorbés sous leur forme brute (poudre ou tisane), soit parce qu’ils sont :

  • Peu solubles dans l’eau (donc peu extraits dans une macération, une décoction, infusion),
  • Mal absorbés par l’intestin sans adjuvants ou par la présence de substance absorbante comme certaines cellulose, le chitosane, la paraffine, certaines silices organiques.
  • Rapidement métabolisés ou éliminés.

C’est le cas, par exemple, de la curcumine, principe actif du curcuma, qui a une très faible biodisponibilité naturelle. Des extraits améliorés (avec pipérine, phytosomes, ou encapsulation dans des phospholipides) permettent d’améliorer l’absorption par l’organisme.

Autre exemple, la Figue de Barbarie, plante des zones arides tropicales, riche en vitamine E, en acides gras essentiels (dans l’huile de graines), ainsi qu’en bétalaïnes, des pigments aux propriétés anti-inflammatoires et protectrices. En forme brute (poudre, jus ou macération), les composés actifs sont peu biodisponibles, peu solubles dans l’eau, sensibles à l’oxydation et instables à l’air et la lumière. Mais en forme galénique optimisée (extrait actif ou extraits titrés en bétalaïnes ou sous forme micronisée), les molécules actives sont mieux préservées et stabilisées pour une optimisation de l’efficacité thérapeutique.

Les avantages des produits TEXINFINE : La phytothérapie moderne

La phytothérapie selon TEXINFINE est basée sur des méthodes spécifiques d’extraction et de purification des régulateurs biomimétiques® contenus dans les plantes. Ces méthodes d’extraction rendent possible la mesure de l’activité biologique et pharmacologique. Elles permettent d’utiliser les régulateurs de gènes ciblés dans une plante pour un objectif de santé humaine précis.

L’isolement des régulateurs présents chez le végétal est une nécessité pour garantir l’activité chez l’humain. Le système vasculaire des végétaux est peu efficace. Ils disposent d’une palette de molécules pour répondre à l’ensemble des sollicitations environnementales.  Dans un extrait de plantes, pour une même activité biologique, il y aura autant de promoteurs que de répresseurs. Il faut donc séparer les régulateurs « activateurs » des régulateurs « inhibiteurs » par purification ou fractionnement.

Références

 

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Les chaperonnes, ces protéines indispensables hautement conservées

Les chaperonnes, ces protéines indispensables hautement conservées

Temps de lecture : 9 minutes

Les chaperonnes, ces protéines indispensables hautement conservées

L’ADN et l’ensemble des gènes qu’il contient codent uniquement pour des protéines. Tout ce qui est inscrit dans l’ADN est transcrit par l’ARN polymérase en ARN messager, puis traduit par les ribosomes en une chaîne d’acides aminés, formant ainsi une protéine non encore conformée. Considérées comme le troisième maillon de la chaîne d’expression du code génétique, les protéines sont indispensables à la structure et au bon fonctionnement de nos cellules. Ces protéines n’acquièrent leur fonctionnalité qu’en adoptant un repliement tridimensionnel précis. Une altération de cette structure entraîne une perte de fonction ou des agrégations pathologiques, d’où l’importance des protéines chaperonnes, comme les HSPs, qui assurent le maintien et la correction du bon repliement.

Les chaperonnes, protéines de choc HSPs (Heat Shock Proteins) sont des protéines qui permettent à nos cellules de lutter contre le stress cellulaire et jouent aussi un rôle dans les défenses de l’organisme en préservant la forme tridimensionnelle des protéines et en éliminant les protéines irrémédiablement endommagées.

L’origine d’un stress cellulaire, situation dans laquelle une cellule est exposée à des conditions défavorables sublétals menaçant son équilibre interne (homéostasie), est variée. Elle peut être nutritionnelle, biochimique, bactériologique, virale, thermique, ou encore environnementale et altère le repliement des protéines et en cela les fonctions cellulaires.

En conséquence de ce stress, les protéines, modifient leur forme tridimensionnelle et en conséquence, altèrent leur fonction. Les processus cellulaires se trouvent entravés ou simplement ralenti ce qui provoque une accumulation de stress par l’accroissement des radicaux libres, des déchets cellulaires et de facteurs complétant le stress. Ce cercle vicieux accentue le stress cellulaire et épuise progressivement la capacité des cellules à maintenir le bon fonctionnement de leurs processus vitaux.

Pour tenter de rétablir son équilibre, la cellule active divers mécanismes de protection et de réparation, tels que l’induction des protéines de choc thermique, les systèmes antioxydants, la réparation de l’ADN ou encore l’autophagie. Son objectif sera de restaurer l’homéostasie et d’assurer sa survie. Toutefois, si les dommages dépassent les capacités d’adaptation par restauration de la conformation ou élimination des protéines trop endommagées, la cellule entrera en apoptose (mort programmée par disparition du noyau mais persistance des fonctionnalités du cytoplasme).

Le mécanisme cellulaire d’induction des protéines de choc thermique est commun à presque tous les organismes, des bactéries aux champignons, en passant par les plantes et les animaux, y compris les êtres humains et est donc hautement conservé au cours de l’évolution.

Les HSPs jouent un rôle crucial dans le maintien du fonctionnement de l’intégrité cellulaire. Elles évitent les interactions moléculaires indésirables et favorisent celles qui sont souhaitables.

La découverte des HSPs date de 1962, à l’Institut de génétique de Pavie, en Italie, lorsque quelqu’un augmenta par inadvertance la température d’un incubateur contenant des drosophiles. Lorsque le généticien Ferruccio Ritossa examina les cellules des insectes ayant subi un tel « choc thermique », il remarqua que leurs chromosomes avaient enflé par endroits : des gènes avaient été activés dans ces régions et des protéines synthétisées. Des protéines, nommés Heat Shock Proteins HSPs, ont donc été produites en réponse à une condition stressante afin d’éviter toute dénaturation et garantir la bonne conformation des protéines dans la cellule.

Les différentes familles d’HSPs

Les protéines de choc thermique (HSPs) sont classées et désignées selon leur localisation cellulaire, leur mode d’expression et surtout leur poids moléculaire. Ainsi, les familles Hsp60, Hsp70 et Hsp90, parmi les plus étudiées, correspondent respectivement à des protéines d’environ 60, 70 et 90 kDa (kilo-Dalton où 1 kDa est environ égal à 1 000g/mole).

Une petite protéine de 8 kDa, l’ubiquitine, impliquée dans le marquage des protéines destinées à la dégradation, présente également des caractéristiques typiques des protéines de choc thermique. Ce type de petites HSPs contiennent parfois un domaine de liaison aux protéines, dit « alpha-crystalline », constitué d’environ 80 acides aminés (un peptide de 80 acides aminés aura environ une masse moléculaire de 80×110/1000 = 8,8 kDa).

On distingue généralement plusieurs classes de HSPs, nommées ainsi d’après leur masse moléculaire Hsp100 ; Hsp90 ; Hsp70 ; Hsp60 ; Hsp40 ; Hsp de 20 à 30 kDa et Hsp10.

Rôle et mécanismes d’action des HSPs

Rôle général des HSPs

Les HSPs agissent comme des chaperons moléculaires dont les principales fonctions peuvent se résumer ainsi :

  • Conformation spatiale des protéines nouvellement synthétisées.
  • Prévention de l’agrégation des protéines mal repliées.
  • Re conformation des protéines endommagées.
  • Neutralisation des protéines irréversiblement endommagées pour les dégrader (via le système ubiquitine-protéasome) ou les amener à l’autophagie

Transport des fragments de protéines nouvellement synthétisés

schéma explicatif HSPs mécanisme

En résumé, les HSP ont besoin d’énergie pour fonctionner.

Les HSPs entre résilience et énergie

Les HSPs protègent et réparent les protéines, préservant ainsi l’efficacité cellulaire. Elles maintiennent la fonction mitochondriale, permettant une récupération plus rapide de l’ATP. Leur activité contribue à une récupération physique plus rapide, à une réduction de la fatigue et à un meilleur bien-être général

Les HSPs en tant que protecteurs cellulaires

Les HSPs maintiennent l’homéostasie protéique (protéostasie), qui garantit que les protéines cellulaires sont correctement repliées et fonctionnelles. Sous l’effet du stress, tel que la chaleur dégagée par l’exercice physique, l’exposition à la chaleur ou au froid extérieur ou le stress oxydatif, les protéines peuvent être endommagées ou mal repliées. Les HSPs empêchent ces protéines endommagées de s’agréger et aident à les réparer ou à les éliminer.

En protégeant le mécanisme cellulaire, les HSPs préservent l’efficacité énergétique. Les protéines mal repliées peuvent perturber le métabolisme cellulaire, obligeant les cellules à « travailler plus dur » et à consommer plus d’ATP. Les HSPs réduisent cette demande énergétique supplémentaire.

Les HSPs et la récupération énergétique

Pendant la récupération après un stress (par exemple, après une activité physique intense), les cellules subissent une déplétion temporaire en ATP et un stress oxydatif. Les HSPs aident à replier les enzymes endommagées et à stabiliser les protéines mitochondriales, qui sont essentielles à la production d’ATP. En maintenant la fonction mitochondriale, les HSPs favorisent une restauration plus rapide de l’énergie, aidant ainsi les tissus à se rétablir plus efficacement. Rappelons ici que le signal de l’apoptose est donné par les mitochondries.

Les HSPs et le bien-être systémique

En plus d’assurer la protection des protéines contre les dommages liés au stress cellulaire, les HSPs soutiennent aussi directement le système immunitaire en favorisant le repliement correct des anticorps. Ce rôle de chaperon garantit que seules des immunoglobulines fonctionnelles sont produites, capables de défendre efficacement l’organisme contre les agents pathogènes. Ainsi, en influençant à la fois la fonction immunitaire et la résilience cellulaire, les HSPs contribuent au maintien des niveaux d’énergie et de la santé générale. Le stress chronique ou le vieillissement peuvent réduire l’expression des HSPs, entraînant une agrégation des protéines, un dysfonctionnement mitochondrial et de la fatigue.

Cactus figue de Barbarie

Le rôle des HSPs chez les plantes

Les HSPs sont des protéines hautement conservées et essentielles. Elles constituent donc une famille universelle de protéines présentes dans pratiquement chez tous les organismes vivants, des bactéries, aux plantes et aux humains.

Chez les plantes, les HSPs jouent un rôle crucial dans la tolérance aux conditions défavorables, notamment la chaleur et la sécheresse. Elles seules permettent aux cellules végétales de maintenir leurs fonctions vitales dans des milieux hostiles.

Le figuier de barbarie (Opuntia ficus-indica), plante emblématique des régions sèches et semi-désertiques, et notamment son fruit la figue de barbarie, illustrent bien cette adaptation. En effet, c’est pendant la saison la plus chaude et aride que le fruit de cette plante murie, mobilisant ainsi un arsenal de protéines de choc thermique, notamment les HSP70, pour protéger ses protéines structurales et enzymatiques. Ces protéines contribuent à la stabilité des membranes cellulaires, à la protection de l’appareil photosynthétique et à la survie de la plante lors de périodes de sécheresse prolongée.

Pour une meilleure compétition au sein d’un biotope chaud, sec et radiatif, les Opuntia (comme toutes les plantes à métabolisme CAM (métabolisme acide crassulacéen) ont répliqué les gènes des HSF et des HSP par polygénie et pour certaines espèces par polyploïdie. Le nombre de gènes fonctionnels est ainsi directement associée à la quantité de motif moléculaire promoteur et répresseur de ces gènes. TEX-OE®, l’extrait de Figue de Barbarie, utilise mes motifs moléculaires donnant un avantage compétiteur de la plante pour une meilleures récupération et restauration.

Les HSPs occupent ainsi une place centrale dans la résilience de la figue de Barbarie, dont les extraits de cladodes, de fleurs, et surtout de fruits, sont riches en composés bioactifs tels que les flavonoïdes, polyphénols, et pigments comme les bétalaïnes. Agissant en synergie avec l’effet protecteur des HSPs, ces composés renforcent la résistance de la plante au stress oxydatif.

Références scientifiques

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Effets des extraits CAE™ de grenade (Punica granatum) sur la régulation hydrique : mécanismes physiologiques et perspectives thérapeutiques

Temps de lecture : 6 minutes

Effets des extraits CAE™ de grenade (Punica granatum) sur la régulation hydrique : mécanismes physiologiques et perspectives thérapeutiques.

Les mécanismes d’homéostasie sont régulés de manière semblable entre des individus d’espèces différentes du fait de l’évolution. Ainsi la synthèse des protéines est similaire chez tous les êtres vivants comme les mécanismes d’identification et de défense du soi, la réduction chromosomique lors de la reproduction sexuée. Il en est ainsi aussi pour le métabolisme de l’eau, son transport et sa régulation. Les canaux à eau sont probablement aussi anciens que l’apparition de la vie sur la terre et sont de ce fait, très semblables dans leur structure et leur fonctionnement à travers les règnes et les espèces. Les canaux à eau sont constitués d’aquaporines. Les aquaporines sont des protéines transmembranaires qui forment des « pores » perméables aux molécules d’eau et des solutés dans les membranes cellulaires.

Les plantes n’ont pas de système vasculaire aussi fluide que celui des animaux. Elles disposent de palettes de molécules pour répondre rapidement aux sollicitations environnementales. Pour chaque processus métabolique, ces palettes disposent de régulateurs (activateurs et inhibiteurs). L’art Pharmaceutique de TEXINFINE est de sélectionner dans les plantes alimentaires les substances convenant à l’activation ou pouvant stopper le fonctionnement d’un gène.

L’homéostasie hydrique, l’équilibre entre les apports et les pertes en eau de l’organisme, est essentielle au maintien de nombreuses fonctions métaboliques, notamment la production d’énergie, la synthèse des éléments (protéines, hormones, etc.) indispensables au bon fonctionnement des cellules.

Les canaux à eau jouent aussi un rôle physiologique dans la régulation du pH de l’organisme, la pression artérielle et la fonction rénale. Les déséquilibres hydriques provoquent des dysfonctionnements d’un très grand nombre d’organes comme les reins, les glandes endocrines et altèrent la réponse inflammatoire voire détournent une réponse aiguë vers une inflammation chronique.

La grenade (Punica granatum) et ses propriétés

La grenade (Punica granatum) est un fruit originaire d’Asie occidentale. Cette baie est largement cultivée dans les régions méditerranéennes. Sa peau (péricarpe) est proposée pour ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et cardioprotectrices. Les extraits issus de ses différentes parties péricarpe, graines ou arilles, sont riches en composés pouvant influencer de multiples voies métaboliques. TEXINFINE a découvert que dans le mésocarpe se trouvaient des régulateurs impliqués dans le fonctionnement des gènes codant les aquaporines aux fins d’une répartition harmonieuse de l’eau dans les tissus.

Un mécanisme d’action original pour HEXAPORINE®

Les aquaporines (AQPs) sont des protéines transmembranaires essentielles pour le passage de l’eau et d’autres petites molécules neutres comme le glycérol, à travers les membranes cellulaires. Chez les plantes, elles jouent un rôle crucial dans la régulation de l’eau, notamment en facilitant l’absorption racinaire, la conduction de la sève dans le xylème et la gestion de l’eau au sein des cellules végétales. La grenade ajuste finement le transport de l’eau via ses aquaporines, s’adaptant efficacement aux variations hydriques, salines ou hormonales.

Une étude génomique approfondie a permis d’identifier plusieurs gènes candidats d’aquaporines impliqués dans l’accumulation d’eau dans le tégument externe des graines de fruit. Cette recherche a mis en évidence 38 gènes PgrAQP répartis en cinq sous‑familles (PIP, TIP, NIP, SIP, XIP).

Composition du fruit : la grenade.

  • Punicalagines : présents principalement dans l’écorce, ce sont des antioxydants hydrosolubles.
  • Acide ellagique : dérivé des punicalagines complexes glucosés de l’acide ellagique.
  • Anthocyanes : pigments responsables de la couleur rouge de la pulpe.
  • Flavonoïdes : catéchines, quercétine et autres flavonoïdes.
  • Modulation des aquaporines par les polyphénols
    Les polyphénols, tels que la quercétine, présents dans la grenade, ont montré une capacité à moduler l’expression des aquaporines humaines. Par exemple, la quercétine a été observée pour augmenter l’expression des aquaporines 3 et 8 dans des cellules humaines, ce qui pourrait améliorer la perméabilité à l’eau et la réponse au stress oxydatif.

Principaux effets de l’extrait CAE™ sur la modulation des aquaporines et la régulation hydrique

Les substances qui agissent sur le fonctionnement des canaux à eau procèdent indifféremment quelle que soit la cellule ou son état. L’extrait CAE™ contenu dans HEXAPORINE® agit de manière discriminative sur les cellules. En pratique : un diurétique extrait d’une plante ou synthétisé forcera le passage de l’eau à travers le pertuis du canal à eau de toutes les cellules de l’organisme. Le régulateur mimétique CAE™ rétablira les fonctions d’un canal dont la régulation n’est pas pleinement efficace.

Un exemple : la même personne peut souffrir de rétention d’eau et de peau sèche. Ces deux phénomènes inverses sont dus à un même dysfonctionnement des canaux à eau. Le régulateur CAE™ d’HEXAPORINE® rétablira non seulement le passage de l’eau pour les zones de peau sèche, mais permettra aussi la circulation de l’eau dans les tissus des personnes souffrant localement d’une rétention d’eau. HEXAPORINE® restaure le fonctionnement du canal quelque soit la nature de son dysfonctionnement. HEXAPORINE® ne force pas le passage de l’eau d’un canal fonctionnel. Il ne produira pas d’effets secondaires négatifs car HEXAPORINE® a pour effets de réguler l’expression et/ou l’ouverture des canaux à eaux.

La régulation s’altère avec l’âge par l’accumulation de métabolites dans le pertuis du canal mais aussi en raison d’anomalies de structure consécutives à un stress thermique, mécanique ou hormonal.

Les polyphénols, tels que la quercétine, présents dans la grenade, ont montré une capacité à moduler l’expression des aquaporines humaines. Par exemple, la quercétine a été observée pour augmenter l’expression des aquaporines 3 et 8 dans des cellules humaines, ce qui pourrait améliorer la perméabilité à l’eau et la réponse au stress oxydatif.

Effet sur l'hydratation cutanée

Des études de pharmacologie cellulaire ont montré que les extraits de grenade CAE™ peuvent améliorer l’hydratation des cellules de la peau en augmentant l’expression des aquaporines cutanées. Les résultats montrent une forte réduction de l’activité destructrice des enzymes : les métalloprotéinases (MMP1, MMP9, etc.), responsables de la destruction des composants de la

Impact sur la fonction rénale et réduction de l’inflammation rénale

Les extraits de grenade CAE™ permettent l’évacuation des métabolites issus de la dégradation  des estrogènes chez les femmes ménopausées. Cette évacuation des métabolites est associée à une diminution des triglycérides dans le sang. HEXAPORINE® diminue de manière très significative le taux de triglycérides, contribuant à une répartition plus harmonieuse de l’eau dans les tissus.

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La Padine de Tahiti : Entre Mythes Polynésiens et Révélations Génétiques

La Padine de Tahiti : Entre Mythes Polynésiens et Révélations Génétiques

Temps de lecture : 5 minutes

La Padine de Tahiti : Entre Mythes Polynésiens et Révélations Génétiques

Introduction : Une Algue Mystérieuse, Entre Légendes et Science

Les îles de Tahiti et Moorea, découvertes par Samuel Wallis en 1767, ont toujours fasciné les explorateurs et les scientifiques. Mais au-delà des paysages paradisiaques, elles abritent une algue singulière : la Padine. Cet article vous emmène à la découverte de la Padine de Tahiti, entre les légendes polynésiennes qui l’entourent et les incroyables révélations scientifiques sur son génome.

Un Voyage Historique : De Bougainville à la Botaniste Déguisée

L’histoire de la découverte de Tahiti est marquée par des rencontres contrastées. Après les affrontements initiaux avec Samuel Wallis, Louis-Antoine de Bougainville fut accueilli pacifiquement en 1768. Un détail piquant de cette expédition : Jean Baret, qui se faisait passer pour le valet botaniste du docteur Philibert Commerson, fut démasquée par les Polynésiens. Son identité féminine, restée secrète à l’équipage, fut immédiatement reconnue, soulignant la perspicacité des habitants de l’île.

Cette anecdote illustre les différences culturelles de l’époque. Alors que les équipages européens étaient exclusivement masculins, les Polynésiens voyageaient avec leurs familles, leur progéniture et même leurs animaux et végétaux. L’absence de femmes à bord des navires européens suscitait l’étonnement, comme le rapporte Julien Viaud (Pierre Loti), qui relate les interrogations des Pascuans sur l’existence même des femmes chez les Européens.

Finalement, après la découverte de son identité à Tahiti, Jeanne Barret et son compagnon, le docteur Commerson, durent débarquer à l’Île de France (Île Maurice) avant que l’expédition de Bougainville ne poursuive son voyage. Jeanne Barret est devenue la première femme à faire le tour du monde, et son talent de botaniste lui valut une pension royale.

Légendes Polynésiennes : Quand les Padines Deviennent Colliers Divins

La Padine est également au cœur de magnifiques légendes polynésiennes. Un soir de pleine lune à Hitia’a, le gardien de la mer, Kiwa, aurait voulu offrir des colliers de fleurs blanches aux déesses marines Hina (déesse de la lune et de la mer) et Faumea (déesse de l’océan). Cependant, les fleurs terrestres se révélaient inadaptées à l’eau. Kiwa confectionna alors des colliers avec les frondes blanches des padines, parfaites pour s’épanouir dans les lagons.

Ces colliers éclatants ornaient les déesses, et leurs danses au clair de lune guidaient la reproduction des oursins, des étoiles de mer et la mue des crevettes.

Ikatere, le dieu des créatures marines, jaloux de Kiwa, tenta de faire disparaître les padines en les recouvrant de sable. Son pouvoir ne put cependant atteindre la lointaine mer Méditerranée, où les padines blanches subsistent encore, notamment autour de Malte et des îles des Embiez.

Touché par la tristesse des déesses, Ikatere dota les padines d’un pouvoir extraordinaire : celui de préserver la beauté du cœur et la santé du corps. Depuis, Hina et Faumea dansent joyeusement dans les lagons, et les éclairs brillants que l’on y voit les soirs de lune seraient le reflet de leurs colliers de padines.

Ces légendes expliquent aussi pourquoi les femmes polynésiennes sont autorisées à ramasser des coquillages blancs sur les plages : ces coquillages, comme les padines, servent à confectionner des colliers offerts en signe d’affection.

ostéoporose

La Découverte Scientifique : Quand la Padine Révèle ses Secrets de Beauté et de Bien être

L’histoire scientifique de la Padine prend une tournure concrète en 1991. Lors d’une plongée d’entraînement dans l’anse des Chevaliers, sur la presqu’île de Gien, Jean-Paul VESCO, Jérôme MAUGAT et Gilles GUTIERREZ découvrent une colonie de poulpes évoluant sur un tapis végétal blanc. Ils prélèvent des échantillons et identifient rapidement cette algue brune (phéophycée) : la Padine.

Aujourd’hui, la classification de la Padine a évolué. Elle est désormais souvent placée dans le règne des chromistes, des êtres vivants photosynthétiques mais distincts des plantes par leur paroi cellulaire, leur dictyosome, leurs microtubules et leur mode de division cellulaire et de reproduction.

L’aspect blanc de la Padine sous l’eau est dû à un fin feutrage de cristaux d’aragonite (une forme de carbonate de calcium) qui réfléchissent la lumière. À l’air libre, ce feutrage devient transparent. L’aragonite, composant essentiel de la nacre, confère à la Padine une protection similaire à celle de la peau et une certaine rigidité comparable à un squelette.

L’équipe de recherche découvre rapidement que la Padine contient des métabolites capables de stimuler la production de composants essentiels des cellules de la peau (kératinocytes), notamment les cytokératines. Elle améliore également la cohésion cellulaire en renforçant les protéines desmosomales et en favorisant la synthèse des glycosaminoglycanes. Les scientifiques découvrent aussi qu’elle s’oppose au processus du vieillissement des os en améliorant la fixation du calcium par les ostéoblastes (cellules formatrices de l’os) et la synthèse des collagènes, protéines matricielles nécessaires au maintien d’une microarchitecture osseuse saine. Ces propriétés se maintiennent même dans des conditions de vieillissement, d’inflammation ou de toxicité environnementale.

Suite à des recherches sur la nacre des perles de Tahiti, le ministre de la recherche polynésien encourage Gilles Gutierrez à étudier la flore locale. L’abondance de la Padine dans les lagons, facilement récoltable, attire son attention.

La Padine : Un Végétal Pas Tout à Fait Comme les Autres

Il est important de noter que la Padine, bien que pratiquant la photosynthèse, se distingue des plantes et des autres algues. Sa paroi cellulaire est principalement composée de fucanes et non de cellulose. Cette particularité la rapproche des chromistes.

Les travaux récents d’ICP ont permis de séquencer l’intégralité du génome de la Padine en 2018. Cette étude a révélé la présence de vastes domaines génétiques étonnamment similaires à ceux de l’homme, ouvrant de nouvelles perspectives d’exploitation de ses composants.

Les Pouvoirs Révélés de la Padine : Applications Cosmétiques & Nutraceutiques

Les recherches ont montré que les composants de la Padine renforcent le cytosquelette des kératinocytes, améliorent la cohésion cellulaire et stimulent la régénération. Elles maintiennent aussi l’équilibre des cellules osseuses en favorisant les ostéoblastes même dans des conditions inflammatoires. Appliquée dans une formulation cosmétique ou nutraceutique adaptée, la Padine contribue à :

  • Améliorer le volume de l’épiderme, rendant le teint plus homogène.
  • Rendre la peau plus ferme et souple.
  • Protéger la peau des agressions extérieures (tensioactifs, pollution).
  • Réveiller les capacités de réjuvénation des cellules cutanées.
  • Restaurer et maintenir la densité osseuse

Ces découvertes s’appuient sur l’étude approfondie du génome de la Padine, qui révèle des homologies surprenantes avec le génome humain.

La Biologie Fascinante de la Padine : Des Indices sur l’Évolution

L’étude de la Padine révèle également des aspects fascinants de sa biologie et de son histoire évolutive.

  • Morphologie : La symétrie observée chez de nombreux végétaux, apparue il y a environ 600 millions d’années, a permis une diversification de la croissance. La Padine conserve cependant une croissance fractale, héritée des premiers organismes et des minéraux, offrant un aperçu des formes de vie primitives.
  • Structure des Frondes : Le revêtement des frondes de Padine en cristaux de carbonate de calcium, notamment d’aragonite (comme la nacre), est une caractéristique inhabituelle pour une algue. La fronde elle-même peut être assimilée à une fleur, supportant les organes reproducteurs, tandis que la partie fixée au substrat (pseudo-rhizoïde) assure la pérennité de la plante. La récolte des frondes est ainsi comparable à la cueillette de fleurs, préservant la ressource.
  • Un Génome Commun avec l’Humain : Le séquençage du génome de la Padine a révélé des séquences d’ADN étonnamment similaires à celles de l’homme, avec des homologies atteignant 99,98% sur plus de 300 nucléotides. Cette découverte suggère une parenté évolutive lointaine et ouvre des perspectives thérapeutiques.

Des Gènes Étonnamment Partagés : Exemples Clés

L’étude comparative du génome de la Padine et de l’homme a mis en évidence la présence de gènes partagés, dont certains aux fonctions essentielles :

  • Gène A-CTB (β-actine) : Un gène de ménage, essentiel à la structure cellulaire, avec une homologie de 99,99% avec l’homme.
  • Gène ANLN (Aniline) : Impliqué dans la dynamique du cytosquelette (99% d’homologie).
  • Gène PCOLCE (Procollagène) : Codant pour une glycoprotéine impliquée dans la synthèse du collagène (93% d’homologie), alors que les végétaux ne synthétisent pas de collagène.
  • Gène MACF1 (Facteur de réticulation actine-microtubules) : Facilitant les interactions entre les éléments du cytosquelette (99% d’homologie).
  • Gène Profilin-1 : Régulant la migration des cellules épithéliales (99% d’homologie).
  • Gène ECT2 (Epithelial cell transforming 2) : Impliqué dans la polarité des cellules épithéliales.
  • Gène Phosphatase alcaline : Impliqué dans le process de solidité des os.
  • Gène Ostéocalcine : Responsable de la biominéralisation osseuse.

Plus étonnant encore, la Padine possède des gènes spécifiques au genre Homo, comme DISP-3 (prolifération et différenciation des neurones) et ROCK1 (régulation de l’adhésion cellulaire).

L’étude fonctionnelle de ces gènes a confirmé leur activité et leur potentiel d’application.

Conclusion : La Padine, un Trésor Marin 

La Padine de Tahiti, entre légendes enchanteresses et découvertes scientifiques révolutionnaires, s’avère être une ressource marine précieuse. Ses applications cosmétiques et nutraceutiques, fondées sur ses propriétés régénératrices et protectrices pour la peau et les os, ne sont qu’un aperçu de son potentiel. L’exploration continue de son génome et de sa biologie pourrait ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques, inspirées par les secrets de cette algue extraordinaire.

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Cactus Epoustouflants : Leur Ingénieuse Adaptation à la Survie en Climat Aride

Cactus Epoustouflants : Leur Ingénieuse Adaptation à la Survie en Climat Aride

Temps de lecture : 3 minutes

Les Cactus : Plus que de Simples Plantes Piquantes, des Maîtres de la Survie Aride

Introduction : Au-delà des Piquants, l’Étonnante Physiologie des Cactus

« Les Cactus, ils piquent et il ne faut pas s’asseoir dessus » : l’image populaire véhiculée par la chanson de Jacques Dutronc est tenace. Pourtant, ces végétaux fascinants recèlent bien des curiosités. Saviez-vous, par exemple, qu’ils réalisent leur photosynthèse la nuit, contrairement à la majorité des plantes ? Plongeons au cœur de l’étonnante biologie des cactus, maîtres de l’adaptation aux environnements arides.

Les Cactus : Des Champions de l’Adaptation aux Climats Arides (Plantes CAM)

Les cactus sont des experts des milieux secs. Leur métabolisme photosynthétique nocturne, connu sous le nom de métabolisme acide crassulacéen (CAM – Crassulaceae Acid Metabolism), est une stratégie ingénieuse pour économiser l’eau. En absorbant le CO2 la nuit et en le stockant pour la photosynthèse diurne, ils minimisent les pertes hydriques par transpiration durant les chaudes heures du jour. Introduits en Afrique du Nord après le percement du canal de Panama, les cactus se sont remarquablement bien acclimatés au climat méditerranéen, où leurs fleurs éclatantes éclosent en mai-juin. Leurs fruits, quant à eux, ne mûrissent qu’après les canicules estivales. Mais comment ces plantes parviennent-elles à protéger les protéines essentielles à leur survie face à des températures estivales extrêmes, atteignant parfois 60 à 70°C à l’intérieur du fruit ?

Les Protéines de Choc Thermique (HSP) : Gardiennes de la Vie des Cactus sous la Chaleur

La réponse à cette question réside dans les protéines de choc thermique (Heat Shock Proteins – HSP). Ces protéines jouent un rôle crucial dans la protection des autres protéines contre les dommages causés par la chaleur. Pour comprendre leur importance, pensons à la cuisson d’un œuf : la chaleur modifie la structure du blanc et du jaune, les faisant passer d’un état liquide à une consistance gélifiée puis dure. Cette dénaturation rend les protéines impropres à leurs fonctions vitales.

Les cactus exploitent pleinement le potentiel des HSP, un mécanisme de protection partagé par de nombreuses espèces vivantes. Grâce à leur système vasculaire sophistiqué, ils utilisent un signal induit par les photons (la lumière responsable de l’augmentation de la température) pour alerter rapidement les cellules sous-jacentes. Ce signal se propage à travers les vaisseaux de sève plus fins et plus nombreux : contrairement aux algues, les cactus, en tant que plantes vasculaires, possèdent les moyens de communiquer l’information efficacement, même aux cellules les plus éloignées.

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Un Outil Évolutif Conservé : Les HSP, Liens entre les Règnes

La communauté scientifique internationale, qui étudie activement les métabolismes des HSP et des protéines chaperonnes, s’accorde sur leur ancienneté et leur remarquable conservation à travers toutes les formes de vie. Il est donc logique de supposer que les mécanismes de régulation de ce métabolisme soient également partagés entre les végétaux et les humains.

Rappel Important : Le Signal d’Induction des HSP, Clé d’une Protection Cellulaire Rapide

Il est crucial de souligner qu’ingérer directement des HSP serait inefficace, car ces protéines seraient complètement dégradées en acides aminés dans notre estomac, tout comme l’insuline nécessite une injection pour contourner ce processus.

Fort de cette compréhension, le Laboratoire TEXINFINE s’est concentré sur l’isolement du signal d’induction des HSP mentionné précédemment. Ce signal, de nature lipophile, est directement assimilable par voie buccale. L’objectif n’est pas d’augmenter le taux global de HSP, une réaction souvent associée à des substances toxiques, mais d’accélérer leur mise en présence au sein des cellules. Cette accélération permet d’établir une protection cellulaire rapide et efficace face à une agression, qu’elle soit thermique ou autre.

Conclusion : Les Cactus, une Source d’Inspiration pour la Protection Cellulaire

Les cactus, bien plus que de simples plantes résistantes à la sécheresse, nous offrent un aperçu fascinant des mécanismes sophistiqués développés par le vivant pour faire face à des conditions environnementales extrêmes. Leur utilisation efficace des protéines de choc thermique et le signal d’induction associé ouvrent des pistes de recherche prometteuses pour la protection cellulaire chez d’autres organismes, y compris l’humain. L’étude de ces végétaux curieux pourrait bien nous apporter de nouvelles clés pour préserver notre bien-être face aux agressions.

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Éruption du Vésuve, Pline l’Ancien et la Fleur de Sel

Éruption du Vésuve, Pline l’Ancien et la Fleur de Sel

Temps de lecture : 2 minutes

Il y a 1943 ans : Éruption du Vésuve, Pline l’Ancien et la Fleur de Sel

Aujourd’hui, au XXIe siècle, prenons un voyage dans le temps. Que s’est-il passé il y a 1943 ans, au Ier siècle de notre ère ? Pour le découvrir, transportons-nous au Sud de l’Italie, plus précisément à Naples.

L’Empire Romain au Ier Siècle : Contexte Historique

À cette époque, l’Empire Romain, avec une population d’environ soixante millions d’habitants, couvrait près de cinq millions de kilomètres carrés. Cet empire puissant était gouverné par la famille de l’empereur Vespasien, d’origine plébéienne (populaire). D’abord Vespasien lui-même, puis ses fils Titus et Domitien, ont marqué cette période. Vespasien est notamment connu pour avoir fondé la dynastie des Flaviens et pour l’instauration des célèbres toilettes publiques qui portent son nom.

L’Éruption Catastrophique du Vésuve en 79 ap. J.-C.

L’année 79 de notre ère fut marquée par un événement cataclysmique : l’éruption du Vésuve. Les villes de Pompéi et d’Herculanum, prospères à l’époque, furent évacuées dans l’urgence avant d’être complètement détruites et ensevelies sous les cendres et les lapilli (fragments de lave éjectés par les volcans). Ces cités antiques restèrent oubliées pendant plus de seize siècles, jusqu’à ce que les premières fouilles archéologiques débutent en 1748.

Pline l’Ancien : Un Amiral et un Naturaliste Face à la Catastrophe

L’amiral Caius Plinius Secundus, plus connu sous le nom de Pline l’Ancien, fut appelé par sa femme pour la sauver, elle et son neveu. Il mena la flotte romaine jusqu’au rivage de Stabies. À 56 ans, Pline était alors au sommet de sa carrière et venait de rédiger sa monumentale « Histoire Naturelle » (Naturalis Historia).

Poussé par sa curiosité scientifique face à l’éruption du Vésuve, Pline l’Ancien resta trop longtemps exposé à la pluie de cendres. Il trouva la mort le 25 août au matin, avant de pouvoir remonter à bord de son navire.

Peinture de Pline l'ancien

Le Témoignage de Pline le Jeune : Naissance du Reportage Volcanologique

Ces événements tragiques furent rapportés avec précision par son neveu, Pline le Jeune, qui n’avait alors que 17 ans. Son récit détaillé est considéré comme le premier reportage sur une éruption volcanique. C’est en son honneur que ce type d’éruption explosive est aujourd’hui appelé éruption plinienne.

Cette fin tragique interrompit la rédaction de son œuvre encyclopédique en 37 volumes, qui compilait les connaissances et les observations de la nature de son époque.

cristaux sel

La « Fleur de Sel » dans l’Histoire Naturelle de Pline l’Ancien

Au-delà du récit de la catastrophe, l’amiral « scientifique » Caius Plinius Secundus s’intéressait également aux curiosités du monde naturel. Dans son ouvrage « Histoire Naturelle », il décrit notamment le comportement des humains et de certains animaux vis-à-vis de la Fleur de Sel (Flos Salis).

La Description Surprenante de la Fleur de Sel

Dans le volume 31 (sur 37) chapitre XLII de son « Histoire Naturelle », Pline l’Ancien mentionne la Fleur de Sel. Il note avec étonnement que cette substance produit une sorte d’huile : « Optimo ex eo, quod olei quamdam pinguitudinem reddit. Est enim etiam in sale pinguitudo, quod miremur » (« La meilleure [qualité] vient de ce qu’elle rend une certaine onctuosité d’huile. Il y a en effet de la graisse même dans le sel, chose étonnante ! »).

Les Vertus Thérapeutiques Attribuées à la Fleur de Sel

Pline l’Ancien ajoute que la Fleur de Sel n’a pas de pouvoir nutritif, mais qu’elle est « relâchante » (décontractante), stimulante et pouvait porter remède à la lassitude : « solvit in vino et acqua, acopis et smegmatis utilis ».

La Fleur de Sel Aujourd’hui : Entre Plaisir et Précaution

Aujourd’hui, nous savons qu’une consommation excessive de Fleur de Sel peut entraîner des inconvénients en raison de son apport élevé en sodium. Cependant, son extrait est parfois utilisé pour ses propriétés relaxantes et pour soulager la fatigue.

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