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Un héritage commun entre l’Homme et le végétal
Le vieillissement s’accompagne principalement d’une altération des mécanismes de régulation cellulaire plutôt que d’une modification du génome, qui reste globalement stable. Grâce à la compatibilité phylogénique, l’être humain partage une partie de ses gènes fonctionnels avec les végétaux, permettant d’utiliser certaines molécules végétales comme régulateurs biomimétiques pour restaurer des fonctions génétiques. Comme décrit par le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, nous partageons environ 35 % de nos gènes fonctionnels avec ceux de la jonquille.
Le tissu osseux, structure complexe composée de cellules intégrées dans une matrice organique (collagènes, enzymes) et minérale (calcium, phosphates), assure des fonctions essentielles de soutien, protection, mobilité et production cellulaire. Il joue également un rôle clé dans la physiologie globale et la communication corporelle.
Santé osseuse et articulaire : des enjeux majeurs
Les maladies des os et des articulations, comme l’arthrose, l’ostéoporose ou certains rhumatismes inflammatoires, sont aujourd’hui très répandues. Elles font l’objet de prises en charge médicales variées, allant de la nutrition (apports en calcium, magnésium, vitamine D…) jusqu’à des interventions plus techniques comme la chirurgie.
Parmi ces pathologies, l’ostéoporose occupe une place centrale. Elle fragilise progressivement les os en diminuant leur densité et en altérant leur structure interne, augmentant ainsi le risque de fractures.
À l’échelle mondiale, des millions de personnes sont concernées, en particulier les femmes après 50 ans. En France, on estime que près de 4 millions de personnes sont touchées, avec plusieurs centaines de milliers de fractures chaque année. Le vieillissement de la population accentue encore l’impact de cette maladie, tant sur le plan individuel que collectif.
Notre squelette est un tissu vivant en perpétuel renouvellement. Ce processus, appelé remodelage osseux, repose sur un équilibre entre deux types de cellules :
La masse osseuse augmente rapidement pendant la croissance jusqu’à atteindre un pic, la masse osseuse maximale. Avec l’âge, cet équilibre de l’homéostasie osseuse se désorganise. La destruction osseuse peut devenir plus importante que sa reconstruction, entraînant une perte progressive de masse osseuse.
Le vieillissement naturel
Les carences en calcium, vitamines D et K
Les changements hormonaux
Le manque d’activité physique
Certains facteurs génétiques
L’ostéoporose correspond ainsi à une amplification excessive d’un phénomène physiologique normal. Elle évolue souvent silencieusement jusqu’à la survenue de fractures.
La prévention repose sur une approche globale :
La réduction de certains facteurs de risque (tabac, alcool, sédentarité)
une alimentation équilibrée riche en calcium et en vitamines ou une supplémentation adaptée en situation de carences
Un dépistage ciblé comme l’évaluation du risque de fractures et le suivi de sa densitométrie permet également d’agir précocement chez les personnes âgées ou à risque.
Une activité physique régulière
Depuis quelques années, les ressources marines suscitent un intérêt croissant dans le domaine de la santé osseuse. Certaines algues, notamment Padina pavonica, présentent des caractéristiques uniques et particulièrement intéressantes. Cette phéophycée possède une capacité naturelle exceptionnelle à fixer le calcium. Sa surface est recouverte de dépôts calcaires, ce qui en fait une véritable « algue calcifiante ».
Des recherches scientifiques suggèrent que la Padine pourrait influencer le remodelage osseux en stimulant l’activité des ostéoblastes et en modulant la résorption osseuse. Une analyse génomique comparant son génome à celui de l’être humain a mis en évidence des similitudes notables, avec plus de 30 gènes présentant de fortes analogies, notamment sur des séquences longues et conservées.
Parmi ces 30 gènes communs et présents dans la Padine, certains sont impliqués dans les deux processus essentiels du remodelage osseux : la formation osseuse (assurée par les ostéoblastes) et la résorption osseuse (assurée par les ostéoclastes). Certains participent directement à la minéralisation de la matrice osseuse et à la différenciation des ostéoblastes.
De plus, certains gènes identifiés contribuent indirectement au remodelage osseux en contrôlant la prolifération et la division des cellules osseuses, assurant ainsi leur renouvellement
Génome et évolution
La présence de séquences génétiques communes entre les fruits, les plantes ou les algues et l’Homme témoigne d’un héritage évolutif partagé. Ces séquences, conservées au fil du temps, jouent souvent des rôles essentiels dans le fonctionnement du vivant. Cette conservation suggère que certains mécanismes biologiques sont universelles chez les plantes et chez l’homme et qu’ils peuvent donc représenter un accompagnement naturels dans l’amélioration de différents processus physiologique de l’homme.
Vers une nouvelle approche de la santé osseuse
À la croisée de la biologie, de la nutrition et de l’innovation, les ressources naturelles ouvrent des perspectives nouvelles. Sans remplacer les traitements existants, elles pourraient à terme enrichir les stratégies de prévention et d’accompagnement dans la physiologie osseuse, dans une logique plus globale et intégrative.
Références scientifiques
Compston J, McClung M, Leslie W. Osteoporosis. The Lancet. Mise à jour clinique continue 2023-2024.
International Osteoporosis Foundation. Osteoporosis facts and statistics 2024 update. IOF, 2024.
Inserm. Ostéoporose : données épidémiologiques actualisées, dossier thématique 2023-2024.
Santé Publique France. Fractures de fragilité et hospitalisations associées en France, rapport 2024.
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